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chien rat

Les produits de lutte contre les rongeurs : les anti-coagulants

Les rongeurs (rats, souris et campagnols principalement) peuvent générer d’importants dégâts dans les environnements urbains et/ou ruraux et sont pour certains des vecteurs de maladies infectieuses. La limitation de leur prolifération peut conduire à adopter de vastes plans de lutte. Différentes méthodes sont disponibles, notamment le recours à des rodenticides dits « anti-coagulants » qui se présentent sous différentes formes et différentes couleurs : des sachets de pâte, des grains de blé, des blocs appâts hydrofuges. Ces biocides/pesticides, lorsqu’ils sont consommés par les rongeurs, provoquent des hémorragies mortelles.

Malgré la présence de substances amérisantes répulsives dans la composition de ces rodenticides, l’ingestion accidentelle des appâts par les petits animaux domestiques reste un fait courant, par les chiens principalement et dans une moindre mesure par les chats et les NAC (Nouveaux Animaux de Compagnie).

Mon animal vient de manger un rodenticide anti-coagulant, peut-il être intoxiqué ?

Parmi les rodenticides anti-coagulants, 9 molécules différentes sont utilisées : coumafène, coumatétralyl, chlorophacinone, bromadiolone, difénacoum, brodifacoum, diféthialone et diphacinone.  

Les doses minimales toxiques ne sont pas connues mais en cas d’ingestion de produits rodenticides anti-coagulants, le chien, le chat ou les NAC sont des espèces sensibles à ces substances et ils peuvent donc s’intoxiquer.

Quels sont les symptômes d'une telle intoxication ?

Les symptômes sont généralement frustes et peu spécifiques. Ces produits entravent le processus physiologique de coagulation et des saignements sont donc attendus en cas d’intoxication.

Ces hémorragies, potentiellement graves, peuvent être :

  • Externes et visibles (saignement des gencives, d’une plaie, présence d’un hématome…).
  • Internes et donc plus difficilement observables (hémorragie abdominale, thoracique, intraoculaire…).

Ainsi dans le second cas de figure, une simple fatigue due à la perte de sang peut être le seul signe d’alerte en début d’intoxication.

L’apparition des symptômes survient généralement 3 à 5 jours après la consommation de ces appâts mais elle peut être plus précoce (48 heures) ou bien plus tardive, jusqu’à 10 jours, selon le niveau d’activité de l’animal. Ce délai peut parfois être plus court en cas de traumatisme important (ex : choc avec une voiture, chirurgie).

Que faire si mon animal a ingéré l’un de ces produits ?

En cas de consommation de rodenticides anti-coagulants, il convient de prendre rapidement contact avec un vétérinaire. En effet, en cas de consommation récente (inférieure à 2 heures), il est possible de recourir à une décontamination digestive qui devra être suivie d’un contrôle sanguin des temps de coagulation de l’animal exposé. En cas d’intoxication avérée ou suspectée, un antidote est disponible chez votre vétérinaire : la vitamine K1. Le temps de traitement varie en fonction de la molécule consommée mais de manière générale, ces substances persistent plusieurs semaines dans l’organisme. Ainsi votre vétérinaire adaptera le temps de traitement en fonction du produit utilisé. A noter que la vitamine K1 traite l’intoxication en cours, mais ne protège pas d’une intoxication ultérieure si l’animal ingère de nouveaux appâts.

Existe-t-il des mesures préventives pour éviter l’exposition de mon animal aux produits anti-coagulants ?

Il est important de disposer les produits rodenticides dans des endroits inaccessibles aux animaux non cibles. Il arrive cependant que les rongeurs déplacent les appâts de l’endroit de dépôt initial, les rendant disponibles aux animaux domestiques. Des dispositifs appelés "postes d’appâtage" peuvent être une solution à ce problème. En effet, les appâts peuvent être disposés dans ces boîtes obligeant les rongeurs à les consommer « sur place » et l’on évite ainsi toute dissémination du produit.

Remarques :

Tous les produits rodenticides ne sont pas anti-coagulants. Il existe d’autres molécules qui peuvent entrainer des troubles nerveux chez les chiens, les chats, ou les NAC dans un délai bien plus court que celui des produits anti-coagulants et pour lesquelles il n’existe pas d’antidote (ex : le chloralose). Connaître la composition du biocide utilisé est donc capital pour déterminer le type de prise en charge médicale.

Certains médicaments anti-coagulants utilisés en médecine humaine, notamment lors de maladies cardiaques, peuvent également entrainer des troubles de la coagulation en cas d’ingestion accidentelle par les animaux de compagnie. Malgré une faible appétence des médicaments en général, les accidents de ce type sont courants. Il est ainsi fortement conseillé de conserver les médicaments dans des lieux inaccessibles aux animaux.